Pacte pour les jeunesses — Notre avenir se décide maintenant

Pacte pour
les jeunesses


Notre avenir se décide maintenant

Le prochain gouvernement ne sera pas seulement confronté à des défis budgétaires. Il devra choisir quel Québec il souhaite bâtir. Dans une société vieillissante, les jeunes ne représentent plus un secteur parmi d’autres : ils deviennent notre principal levier de développement économique, social et démocratique.

Vieillissement démographique, pénurie de main-d’œuvre, faible croissance de la productivité, transition écologique, révolution de l’intelligence artificielle, crise du logement et hausse des problèmes de santé mentale : tous ces défis exigent que nous libérions pleinement le potentiel des jeunes.

Pourtant, les transitions vers la vie adulte n’ont jamais été aussi longues, complexes et précaires. Aujourd’hui :

le taux de chômage des jeunes demeure près de deux fois supérieur à celui du reste de la population;

plus d’un·e jeune sur deux présente un niveau élevé de détresse psychologique;

66 % des jeunes doutent de leur capacité d’influencer les décisions publiques, selon MaVoixCompte;

Plus de 25 000 jeunes n’ont pas été jugé·e·s admissibles aux services des Carrefours jeunesse-emploi par l’administration au cours des deux dernières années, faute de répondre à des critères qui datent d’une économie qui n’existe plus. Alors que le Québec manque de travailleur·euse·s, entrepreneur·e·s, d’innovation et de relève, il continue d’empêcher des milliers de jeunes de développer pleinement leur potentiel.

Ces chiffres révèlent un enjeu économique, démocratique et stratégique. Chaque jeune qui décroche, abandonne un projet ou ne reçoit pas le soutien nécessaire représente une perte de talents, d’innovation, d’entrepreneuriat et de prospérité pour le Québec. Une étude réalisée avec KPMG démontre qu’un meilleur accompagnement des jeunes pourrait générer plusieurs milliards de dollars de retombées économiques et sociales. À l’inverse, on estime actuellement des pertes nettes de rémunération de 9,8 G$ pour les jeunes et de 5 G$ pour l’État québécois, pour un coût économique total estimé à 14,8 G$. La jeunesse n’est pas une dépense. Elle constitue le meilleur investissement que le Québec puisse réaliser.

Le Québec ne manque ni d’expertise ni d’organisations. Il manque de cohérence. Il manque de volonté de s’engager fermement à soutenir les jeunes pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain. Actuellement, les services destinés aux jeunes sont dispersés entre plusieurs ministères, plusieurs programmes et plusieurs enveloppes budgétaires. Chaque ministère poursuit ses propres objectifs, applique ses propres critères et impose ses propres mécanismes administratifs. Cette gouvernance en silos produit un système complexe où les jeunes doivent s’adapter à l’administration plutôt que l’inverse. Le résultat est une action publique moins efficace, plus coûteuse et moins accessible.

Notre proposition

Créer un véritable Carrefour JEunesse

Le Québec investit près de 130 M$ par année dans les CJE, à travers plusieurs ministères. Chaque année, les CJE doivent produire plus de 2 000 rapports et consacrent près de 33 % de leur temps à la gestion administrative. À l’échelle du réseau, cela représente plus de 40 M$ investis en bureaucratie plutôt qu’en services directs. Pendant ce temps, des milliers de jeunes demeurent sans réponse. Le problème n’est pas le niveau d’investissement. Le problème c’est la gouvernance.

Le RCJEQ propose de regrouper l’ensemble des enveloppes gouvernementales destinées aux CJE sous l’autorité d’un seul ministère directement rattaché au premier ministre et d’assurer que ce financement soit stable, prévisible, indexé et adapté aux réalités territoriales.

Le Carrefour JEunesse deviendrait la principale porte d’entrée gouvernementale pour accompagner les jeunes vers :

  • l’emploi;
  • les études;
  • l’entrepreneuriat;
  • la santé mentale;
  • l’autonomie;
  • la participation citoyenne;
  • les métiers de la transition écologique;
  • les compétences liées à l’intelligence artificielle.

Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure, tout est déjà là. Il s’agit de mettre fin aux dédoublements bureaucratiques et de travailler en complémentarité avec l’écosystème afin d’offrir aux jeunes un accompagnement simple, cohérent et continu. Le Québec doit passer d’un État fragmenté à un État stratège. Un État qui anticipe les défis, coordonne son action et investit dans ce qui crée le plus de valeur à long terme : le potentiel des jeunes.

Les engagements proposés

Le RCJEQ invite les formations politiques à prendre cinq engagements structurants qui poursuivent un même objectif : permettre à chaque jeune de contribuer pleinement à la société, tout en générant des retombées économiques, sociales et démocratiques majeures pour le Québec.

  1. Faire des jeunes une priorité gouvernementale

    Renforcer une gouvernance interministérielle pilotée au plus haut niveau de l’État, comprenant notamment l’organisation d’un Sommet national des jeunesses, l’instauration d’une clause d’impact jeunesse dans les décisions publiques et la mise en place d’un bouclier budgétaire afin de protéger les investissements qui leur sont destinés.

  2. Donner une véritable voix aux jeunes

    Faire de la participation significative des jeunes un principe de gouvernance en mettant en place un dialogue permanent entre le gouvernement, les jeunes et les organisations jeunesse. Inspiré des meilleures pratiques des Nations Unies, ce mécanisme permettra aux jeunes de contribuer à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques.

  3. Déployer Carrefour JEunesse

    Aujourd’hui, les jeunes doivent souvent naviguer entre plusieurs portes, plusieurs programmes et plusieurs ministères afin d’obtenir le soutien nécessaire à leur parcours. Demain, une seule porte devrait suffire. Pour y parvenir, il faut regrouper les enveloppes destinées aux CJE sous une gouvernance unique afin de simplifier l’action publique et d’améliorer la continuité et la complémentarité des services, au bénéfice des jeunes et de toute la société.

  4. Ne laisser aucun·e jeune sans avenir, garantir un parcours vers l’autonomie

    Adopter un objectif Zéro jeune invisible, afin qu’aucun·e jeune ne quitte l’école, la DPJ, un établissement de détention ou un programme gouvernemental sans solution d’accompagnement par des références systématiques vers leur CJE dans une perspective d’universalisme proportionné.

  5. Préparer le Québec de demain

    Faire des CJE un levier pour développer les compétences numériques, l’entrepreneuriat, la culture, la transition écologique et l’intelligence artificielle afin que les jeunes soient au cœur de l’économie de demain.

Un choix de société

Une action incontournable

Le coût de l’inaction n’est plus théorique. Chaque année où nous tardons, ce sont des milliers de jeunes qui décrochent de leur avenir... et une partie du potentiel du Québec qui s’éteint avec eux.

Le prochain gouvernement devra choisir. On ne peut pas se permettre de poursuivre avec une action publique fragmentée. Les enjeux jeunesse ne doivent plus être périphériques. Il est temps de faire de la jeunesse le principal levier de développement économique et social du Québec en permettant à une génération tout entière de contribuer pleinement à la société. Pour ce faire, le prochain gouvernement devra faire le choix d’un État stratège, visionnaire et capable d’organiser ses interventions autour des vrais besoins plutôt que des structures administratives.

Les prochaines élections ne détermineront pas seulement qui gouvernera le Québec.

Elles détermineront aussi la place que notre société choisira d’accorder à toute une génération. Investir dans les jeunes, ce n’est pas que préparer demain : c’est décider, dès aujourd’hui, du Québec que nous voulons devenir.

Le Pacte pour les jeunesses invite les formations politiques à faire ce choix.